Expos 2011 

Invasion animalière Imprimer

Annick Sterkendries aime jouer avec les animaux. Peut-être parce qu'ils sont partie intégrante de notre histoire et nous relient à l'enfance, à un élan vital.
Chacune de ses installations nous emmène dans un champ différent allant du plus joyeux au plus noir mais toujours bordé d'humour.
L'énorme nounours dont la tête est têtes, le dos formé de mille
­dos et ainsi de suite témoigne de la multiplicité de cette présence tout comme le collage-faisan réalisé grâce aux innombrables bibelots collectés par les enfants.
L'artiste torpille la notion de trophée (tête ou un corps entier empaillé d'un animal abattu) en accrochant au mur des arrière-trains colorés de peluches soyeuses sauvées de l'oubli ou de la poubelle. Elle donne vie à ces croupes là qui semblent en plein mouvement. On jurerait qu'elles sont sur le point de traverser le mur, de quitter ce monde bien réel pour s'enfoncer et nous emmener dans un imaginaire réjouissant. On les croyait prisonnières, A.Sterkendries les a libérées... c'est l'évasion animalière
Et puis, en savante folle elle a donné naissance à un chat à tête de poule, une grenouille dotée d'une queue d'écureuil... Parce que ce sont des peluches, des objets inanimés sans pouvoir de reproduction ou de mouvement autonome, leur changement de nature n'a d'abord rien d'effrayant, on trouverait même cela plutôt rigolo, plein de fantaisie. Mais si notre attention s'attarde le malaise s'installe et ces peluches là sous des dehors colorés sont comme une projection de notre angoisse, de la puissance néfaste du devenir... nous sommes pris au piège comme les peluches dans les pièges à rats et les hybrides dans les éprouvettes et bocaux.
La carapace de notre imaginaire se fend au contact d'une Blanche-Neige bébé, endormie et blottie sous les couvertures alors que les animaux de la forêt empaillés envahissent l'espace, cernent le lit d'enfant, immobiles et pourtant grouillants, un rien inquiétants, résidus morts d'un mouvement vital.

Bref, invasion animalière met en scène des installations comme un cheminement, un labyrinthe au boyau de plus en plus étroit, sombre et intime qui libère une énergie nous amenant à envisager la présence des animaux dans notre quotidien autrement.


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Pas si bête Imprimer

Mouton : animal ruminant herbivore
Les photographies d'Annick Sterkendries font partie de la série « Homnivore ».
Dans cette série de photographie, le Regard esthétisant de l'artiste contraste avec le propos tragi-commique de la quête d'ordure de différents animaux aux abords des villes et villages aux alentours de Dakar. Annick Sterkendries s'imprègne d’un lieu, d’une histoire d'une thématique afin de dévoiler son émotion par un travail d'installations et de photographies. Elle réalise des interventions in-situ éphémères ou pérennes. Souvent ses projets artistiques s’inscrivent directement dans la rue, auprès de la population. Dans certaines de ses “ installations - actions ” elle travaille conjointement avec les gens dans le but de mettre en œuvre un événement sur la scène publique, dans d'autres ce sont les oiseaux (mouettes, coq, pigeons) qui en sont les acteurs. Paraboles, allégories humoristiques et sensibles les photographies et installations d'Annick Sterkendries interpellent.


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